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Pidpa retire l’accord-cadre pour stations d’épuration individuelles avant que le Conseil ne statue : la demande en extrême urgence de De Peuter perd son objet, mais Pidpa paie les dépens

Arrêt nr. 218266 · 1 mars 2012 · XIIe kamer (voorzitter)

Six jours après que De Peuter, classée septième, avait demandé en extrême urgence la suspension de l’attribution à Belleaqua d’un accord-cadre pour la fourniture et le placement de stations d’épuration individuelles (2012-2015), le comité de direction de Pidpa a retiré la décision d’attribution ; le Conseil d’État a constaté que la demande était ainsi devenue sans objet, l’a rejetée, mais a mis les dépens de 175 euros à charge de Pidpa.

Que s'est-il passé ?

Le 16 janvier 2012, Pidpa, la société anversoise de distribution d’eau, a attribué à Belleaqua un marché public sous la forme d’un accord-cadre pour la fourniture et le placement de stations d’épuration individuelles des eaux usées pour la période 2012-2015. De Peuter, de Maarkedal, dont l’offre avait été classée septième sur la base du tableau de cotation, a introduit le 7 février 2012 une demande de suspension en extrême urgence. L’affaire a été examinée le 28 février 2012 par le président de la XIIe chambre ; seul le conseil de De Peuter a comparu. Entre-temps, le 13 février 2012 — six jours après la requête — le comité de direction de Pidpa avait retiré la décision d’attribution attaquée. Le Conseil d’État a constaté que la demande était ainsi devenue sans objet, ou que De Peuter avait au moins perdu son intérêt, et a rejeté la demande. Dans les circonstances de l’espèce, il a mis les dépens de la demande en extrême urgence, liquidés à 175 euros, à charge de Pidpa. L’arrêt ne dit rien des motifs du retrait ni des moyens invoqués par De Peuter.

Pourquoi c'est important ?

Ce bref arrêt montre la procédure d’urgence en matière de marchés publics telle qu’elle se termine souvent en pratique : non par une décision sur l’attribution, mais par un pouvoir adjudicateur qui retire sa propre décision dès que la requête est déposée. Pour le soumissionnaire classé septième, le résultat paraît maigre — le Conseil ‘rejette’ la demande — mais en réalité De Peuter a obtenu exactement ce qu’une suspension aurait produit : l’attribution à Belleaqua a disparu et Pidpa doit réexaminer la procédure. Deux constats méritent l’attention. D’abord la rapidité : un retrait dans les six jours de la requête suggère que Pidpa voyait elle-même un problème qu’elle préférait ne pas soumettre au Conseil. Ensuite les dépens : bien que la demande ait été formellement rejetée, Pidpa a supporté les 175 euros. Dès 2012, le Conseil applique ainsi la logique consacrée plus tard à l’article 30/1 des lois coordonnées — celui qui retire sa décision pour éviter une annulation ou une suspension est réputé partie succombante. Enfin, qu’un soumissionnaire classé septième ait pu faire tomber une attribution rappelle que le classement ne dit rien de la force d’une objection procédurale.

La leçon

Pour les soumissionnaires : un classement bas n’est pas une raison de renoncer d’avance à une demande en extrême urgence ; si la décision d’attribution est entachée d’un vice, même le septième soumissionnaire peut contraindre l’autorité au retrait. Réclamez alors expressément les dépens — et, sous le droit actuel, l’indemnité de procédure — à charge de l’autorité, qui est en substance la partie perdante. Pour les pouvoirs adjudicateurs : retirer rapidement une attribution contestée peut être sage, mais ce n’est pas une sortie gratuite et cela remet tout l’accord-cadre à zéro. Mieux vaut vérifier soigneusement la décision d’attribution avant la notification, pour que le retrait ne soit pas nécessaire.

Posez-vous la question

Renoncez-vous à une demande en extrême urgence parce que vous êtes mal classé, alors que votre objection porte sur toute la décision d’attribution ? Réclamez-vous systématiquement les dépens et l’indemnité de procédure lorsque l’autorité retire sa décision après votre requête ? En tant que pouvoir adjudicateur : que retenez-vous d’un retrait que vous devez opérer six jours après une requête — et un contrôle supplémentaire avant la notification aurait-il pu l’éviter ?

À propos de cette base de données

Le Conseil d'État (Raad van State) est la plus haute juridiction administrative de Belgique. En matière de marchés publics — de l'attribution d'un contrat à l'exclusion d'un soumissionnaire — le Conseil d'État tranche en dernier ressort. Les arrêts de cette base de données sont résumés par TenderWolf en langage clair, avec des leçons pratiques pour les soumissionnaires et les pouvoirs adjudicateurs. Voir tous les arrêts →