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Mini-compétition dans un accord-cadre ? Un prix plafond ne remplace pas la vérification des prix

Arrêt nr. 257697 · 20 octobre 2023 · VIe kamer

Le Conseil d'État suspend l'attribution d'un marché informatique de 224.400 euros parce que la Région wallonne n'a pas procédé à la vérification des prix lors de la mini-compétition et que la motivation du critère qualité s'est limitée à reproduire la grille de cotation.

Que s'est-il passé ?

La Région wallonne exploitait depuis 2019 un accord-cadre informatique (2018M020), avec cinq attributaires retenus pour le lot 1 (Architectes du système d'information). Le 15 juin 2023, elle a lancé une mini-compétition ; deux offres ont été reçues : Bizliner et le consortium NRB-BuSI-Mielabelo. Le 29 août 2023, le marché a été attribué au consortium NRB pour 224.400 euros HTVA (tarif journalier 1.020 euros, minimum 220 jours). Bizliner a saisi le Conseil d'État en extrême urgence. Deux moyens ont été jugés sérieux. Premièrement, la motivation du critère qualité (45%, décisif dans le classement) était insuffisante : la décision d'attribution se contentait de reproduire la grille de cotation et d'ajouter que le profil de Bizliner 'n'avait pas suivi de formation en architecture cloud' — sans expliquer en quoi cette absence représentait un 'risque léger', sans décrire les qualités de l'offre concurrente, et sans aucune analyse concrète dans le dossier administratif. Deuxièmement, aucune vérification des prix au sens de l'article 21 de l'arrêté royal du 15 juillet 2011 n'avait été effectuée. La Région avait deux arguments : les prix plafond de l'accord-cadre rendaient une vérification distincte superflue, et Bizliner n'avait pas d'intérêt puisqu'elle avait le prix le plus bas. Le Conseil rejette les deux : un contrôle de plafond n'est pas une vérification des prix au sens de l'article 21 ; cet article vise 'les offres introduites' sans distinction, y compris dans les mini-compétitions ; et même le moins-disant a intérêt à agir, car on ne peut présumer du résultat de la vérification des prix qui n'a pas eu lieu. La suspension a été ordonnée.

Pourquoi c'est important ?

Les pouvoirs adjudicateurs gérant des accords-cadres considèrent souvent les mini-compétitions comme procéduralement plus légères. Cet arrêt contredit cette idée sur deux plans : l'obligation de motivation est tout aussi stricte, et la vérification des prix de l'article 21 s'applique pleinement — indépendamment des prix plafonds. Pour les soumissionnaires, une deuxième place en mini-compétition n'est pas inattaquable, surtout si la motivation est succincte et la vérification des prix absente.

La leçon

Pour le pouvoir adjudicateur qui organise une mini-compétition dans un accord-cadre : effectuez une véritable vérification des prix (comparez avec les estimations, les références de marché, les marchés antérieurs — pas seulement avec les prix plafond de l'accord-cadre) et motivez chaque critère avec des références concrètes aux offres, pas en reproduisant la grille de cotation. Pour le soumissionnaire : examinez la motivation d'une mini-compétition aussi sévèrement que celle d'une attribution classique. Seule la conformité aux plafonds est mentionnée ? La vérification des prix n'a probablement pas eu lieu. La cotation qualité se limite à 'répond à la demande' ou 'risque léger' ? C'est prima facie insuffisant — surtout quand les écarts de points sont décisifs.

Posez-vous la question

Après une deuxième place en mini-compétition : le pouvoir adjudicateur a-t-il expressément indiqué que les prix ont été vérifiés indépendamment des plafonds de l'accord-cadre ? La motivation du critère qualité décrit-elle concrètement ce qui rend l'offre gagnante plus forte, ou se contente-t-elle de reprendre la grille de cotation ? Deux 'non' ? Un recours en extrême urgence est défendable — même si votre prix était le plus bas.

À propos de cette base de données

Le Conseil d'État (Raad van State) est la plus haute juridiction administrative de Belgique. En matière de marchés publics — de l'attribution d'un contrat à l'exclusion d'un soumissionnaire — le Conseil d'État tranche en dernier ressort. Les arrêts de cette base de données sont résumés par TenderWolf en langage clair, avec des leçons pratiques pour les soumissionnaires et les pouvoirs adjudicateurs. Voir tous les arrêts →